[ Article ] - Lundi 09 février 2026
PEDAGOGIE : CE QUE NOUS DIT PESTALOZZI
SON HISTOIRE :
Johann Heinrich Pestalozzi, né à Zurich en 1746, a voulu, toute sa vie, faire de l’Emile de Rousseau, ce « livre de rêve », une réalité, à savoir le comprendre et lui « donner des mains ».
Etudiant engagé, il acquiert avec sa femme un domaine pour prendre en charge à la campagne des petits va-nu-pieds qu’il éduque et fait travailler sur ses terres. Echec. Il transforme la ferme en atelier de coton. Echec. Sa femme le quitte et leur enfant lui est enlevé…
Il s’enflamme pour la Révolution de 1789. Le but de tout homme est de « faire œuvre de soi-même ». Comment ? Par l’éducation : il s’agit de « faire œuvre de pédagogie ». Où ? Pestalozzi va ouvrir, au fil des évènements, plusieurs écoles pour les enfants pauvres.
Mais, à partir de 1805, ce sera la grande œuvre, l’institut d’Yverdon, toujours en Suisse, qui sera reconnu comme le laboratoire pédagogique de toute l’Europe. Il meurt en 1827.
SES CONVICTIONS :
Pestalozzi élabore une Méthode, soit un ensemble de principes qui guident avant tout une action :
– Tout apprentissage passe par les sens et doit se référer au vécu des enfants.
– Il faut, dans tous les domaines de la formation, faire régulièrement retour aux éléments simples, aux éléments de base.
– Le but n’est pas de cumuler connaissances et savoirs, mais de développer progressivement la force autonome des enfants.
– L’enfant doit toujours être placé en position d’action, d’initiative, de création.
– Le but est que l’enfant parcoure de façon autonome et d’un pas assuré le chemin restant de sa formation.
– La solidarité s’exerce dans le partage du savoir entre les enfants.
SON HERITAGE :
On a fait de Rousseau le père de l’Education Nouvelle, ce grand mouvement pédagogique qui a bouleversé les conceptions pédagogiques entre les deux guerres mondiales. Mais c’est plutôt Pestalozzi qu’il faudrait saluer, car il a donné des mains à Rousseau.
Sa pédagogie se déploie dans trois directions reliées intimement, la tête, le cœur et la main. Soit la triade : connaître, vouloir, pouvoir. Il ne suffit donc pas d’instruire pour éduquer. Eduquer, c’est permettre à chacun de « se faire œuvre de soi-même ».
Pour approfondir :
– Michel Soëtard : « Pestalozzi », in Jean Houssaye, Quinze pédagogues. Idées principales et textes choisis, Paris, Editions Fabert, 2013, pp. 69 à 117.
– J. H. Pestalozzi : Le chant du cygne. Le testament pédagogique du maître d’Yverdon, Paris, Editions Fabert, 2010, (1826).